Le vétyver bourbon

L’appellation commune Vétyver Bourbon correspond au Vetiveria zizanioides. Le vétyver est la plus ancienne des plantes à parfum de la Réunion.

Botte de vétiver

Originaire de l’Inde, elle fut d’abord importée à l’île de France en 1764 par Cossigny et, de là, passa à l’île Bourbon trois ou quatre décennies plus tard puisque c’est de cette île que provenait l’essence étudiée par Vauquelin en 1809. Dès 1826, Betting de Lancastel mentionna que l’herbe de vétyver servait de couverture pour les dépendances des habitations et que les racines, lavées et séchées, étaient utilisées pour la confection de brosses, la conservation des meubles et du linge, d’où elles chassent les mites, et pour la préparation d’infusions légères. Mais, c’est surtout comme culture de haies destinées à retenir la terre en bordure des chemins que le vétyver trouva à être employé.

Champ de vétiver

Pendant longtemps, ce furent ces seules utilisations, d’ailleurs toujours actuelles, qui retinrent l’attention. En 1878, dans le catalogue des produits des colonies françaises rédigé à l’occasion de l’Exposition Universelle, il figura encore aux rubriques «matières odorantes » et « boissons aromatiques » et non à la rubrique « matières premières pour la parfumerie » pour laquelle il était mentionné que comme une éventualité à retenir. Pourtant, des essais locaux de distillation avait été effectués en 1857 par un pharmacien nommé Defer à l’instigation de MG. Imhaus, mais ils n’avaient pas eu de suites. Il fallut attendre les deux dernières décennies du 19ème siècles pour que l’on se préoccupât plus activement du vétyver qui profita de l’intérêt dont les plantes à parfum, le géranium tout particulièrement, étaient l’objet à cette époque.

Champ de vétiver

C’est en 1888 qu’il a été distillé pour la première fois de façon industrielle par Fernand Péverelly et, dès 1889, l’essence fit partie des produits réunionnais envoyés à l’Exposition Universelle de Paris. La culture se localisa alors dans les hauts de Saint-Joseph et de Petite Île, à une altitude comprise entre 400 et 800 mètres.

Les exportations régulières d’essence de vétyver commencèrent dans les premières années du 20ème siècle et connurent un développement analogue à celles du géranium. Leur progression fut en effet rapide puisque dès 1804 elles atteignaient 1.4 tonnes. La guerre de 14 –18 ne les fit pas chuter ; ce fut au contraire l’occasion d’une nouvelle augmentation (5.2 tonnes en 1917). Elles franchirent pour la première fois le cap des 10 tonnes en 1926. Elles continuèrent à progresser lentement (14 tonnes en 1938, 19 tonnes en 1948, 27 tonnes en 1958) et ce, malgré d’excessives et fréquentes variations des cours d’une année sur l’autre ou même d’un mois sur l’autre.

Racines de vétiver

Ces variations, souvent de nature purement spéculative, durèrent jusqu’en avril 1965, date à laquelle l’Administration, devant la perspective d’une nouvelle montée exagérée des prix, intervint en les réglementant étroitement. La réglementation ainsi instituée porta ses fruits : en 1969, tous les records d’exportation furent battus avec 47.4 tonnes.

A partir de 1970, toutefois, les exportations amorcèrent une baisse qui s’amplifia dans la décennie 80 (24 tonnes en 1977, 17.1 tonnes en 1983) reflétant de la sorte la concurrence des essences de vétyver d’origine étrangère (Haïti, Java, Chine) et la chute de la production en raison de sa non rentabilité malgré tous les efforts d’organisation de la profession. Aucune amélioration n’a été enregistrée au début des années 90 : production et exportations ont poursuivi leur chute drastique (1 tonne seulement a pu être exportée en 1993) si bien que l’on a pu légitimement croire à la disparition totale du vétyver Bourbon.

Mécanisation

Depuis 1996, la production ne se chiffre plus en tonnes mais en kilogrammes : 240kg d'essence produits en 1998. Toutefois, en 2001, la production de vétyver a amorcé un redressement avec une production de 0.5 tonnes réalisée par 25 planteurs. Parallèlement à la baisse de la production, la fin du vétyver se caractérise également par la disparition des distilleries. Effectivement, dans les années 60, il y avait cinq distilleries dans le Sud de la Réunion. Il est vrai que le département produisait à l'époque 50 tonnes d'essence de vétyver par an. Au fil d'une régression inexorable, elles ont rejoint, les unes après les autre, cette sorte de grand cimetière peuplé de machines rouillées et de bâtiments désaffectés.

Paradoxalement, il est pourtant reconnu à cette filière un potentiel de développement intéressant. En effet, si le déclin de la filière a réduit le nombre de producteurs, il a également eu pour effet de provoquer une sélection des planteurs les plus motivés. De nos jours, ces passionnés du vétyver se localisent dans deux régions : les hauts du Sud et les hauts de l'Ouest. La mobilisation pour la relance de la filière vétyver émane certes d'une volonté de sauvegarde du patrimoine culturel réunionnais, mais la concrétisation de ces actions peut également trouver une explication dans une demande importante de l'essence de vétyver. Actuellement, la demande mondiale oscille aux alentours de 200 tonnes.

L'essentiel du marché est détenu par Haïti et l'Indonésie (Java). La Chine, l'Inde ou encore le Brésil contribuent à un degré moindre à la satisfaction de cette demande.

Planteur de vetiver

Après avoir satisfait quasiment le quart de cette demande, la production réunionnaise est de nos jours insignifiante. Paradoxalement, la CAHEB a bien du mal à répondre à la demande d'essence vétyver Bourbon. Ceci s'explique par le fait que la production est de qualité et considérée comme la meilleure au monde. Dans les conditions actuelles de production, la CAHEB estime le marché de l'essence de vétyver Bourbon entre 2 et 3 tonnes (dont 1.5 à 2 tonnes à l'exportation).

Cette estimation pourrait être revue à la hausse moyennant une diminution du prix de vente en dessous de la barre psychologique des 100$. En effet si elle est reconnue pour sa qualité, l'essence Bourbon est également la plus chère : en 1997, l'essence de vétyver de Haïti se négociait aux alentours de 62.50€, celle de l'Inde à 54.88€, celle de l'Indonésie à 45.73€, alors que la Bourbon était vendue à 152.45€.

Stockage du vétiver

Les efforts menés en vue de structurer l’offre d’essence de vétyver ont abouti à la construction d’une distillerie moderne en 1993. Après la mise en conformité avec les normes européennes, les producteurs disposaient donc d’un circuit de distillation complet et moderne ainsi que d’un agent technique.

Le temps de cuite s’est trouvé réduit à 8 heures. Le mode de fonctionnement de la distillerie, basé sur un système de libre-service, est simple : le producteur achemine sa production de racine à l’usine, extrait le précieux liquide avec l’aide de l’agent et livre l’essence à la coopérative. Il faut noter que depuis sa mise en service et à cause du déclin de la filière, cette usine fonctionne en sous-capacité, le seuil de rentabilité de la production se situant à 2 tonnes d’essences.

Aujourd’hui, le but de la CAHEB est d’essayer de maintenir une production de vétiver à la Réunion. Elle consacrera ses efforts à la réhabilitation de cette culture auprès des agriculteurs, en mettant notamment en avant la mécanisation qui permet désormais d’automatiser trois des quatre phases de la récolte sur des terrains légers, on favorisera une production « Hors sol » pour rendre la culture plus attractive. L’objectif d’une centaine de kg à des fins touristiques est à l’ordre du jour.

La distillation du vétyver à la Réunion

Cuite de vétiver

Comme le géranium, la distillation du vétyver se fait à la vapeur. La distillation se fait soit directement sur l’exploitation, soit l’agriculteur emmène ses racines à notre usine de St Joseph.
Dans ce cas, il s’agira de distillation industrielle, les racines seront disposées dans les cuves pour la cuite.Le procédé reste cependant le même.
Nous insisterons plus particulièrement sur le principe de la filtration de l’huile qui, à la différence du géranium,peut durer plusieurs heures afin d’obtenir une huile totalement pure et limpide.

Filtration de l'huile

Stockage du vétiver

La séparation de l’huile essentielle et de l’hydrolat se fait grâce au vase florentin. A la différence de celui du géranium, celui-ci est beaucoup plus grand avec deux vases de récupération (HE légère < densité 1 et Huile essentielle lourde > densité 1 proche de l’eau donc difficile) à séparer. Mais l’aventure de vétyver ne s’arrête pas!!!

  1. FILTRAGE A LA LAINE : l’huile essentielle de vétyver est très visqueuse et épaisse malgré le travail du vase florentin, il subsiste encore quelque résidus d’eau. L’huile est alors versée sur laine de mouton préalablement trempée dans de l’eau à 100°C.
  2. PRESSAGE DE LA LAINE : l’eau retenue par l’épaisse laine, l’huile est alors versée dans des filtres en papier est pressée pour en extraire un jus riche en Huile Essentielle.
  3. FILTRE PAPIER
  4. FILTRE PAPIER DE SOIE

Fiche technique du vétyver bourbon

Huile essentielle de vétyver Bourbon 100% pure et naturelle

Le produit:
Huile essentielle 100% pure et naturelle obtenue par distillation à la vapeur d'eau des racines, du Vetiveria zizanioïdes, cultivé à la Réunion, dans le Sud de l'île.
On appelle le Vétyver "chiendent odorant " du fait que ses racines contiennent une essence d'une odeur particulièrement agréable, suave, d'une finesse très appréciée. Cette plante fut introduite au Jardins d'Essais de Grasse en 1936.

Caractéristiques générales

Composition Vétyvérone, vétyvérol, vétyvérène et une centaine d'autre composants
Caractéristiques physico-chimiques - Densité : 0.993 à 1.030
- Indice de réfraction (20°C) : 1.5220 à1.5299
- Pouvoir rotatoire (20°C) : entre 0° et + 50°
- Point Eclair : 130°C
Caractéristiques organoleptiques - Aspect : liquide visqueux de couleur ambrée (marron à marron rougeâtre)
- Odeur : boisée, agréable et durable
Législation - AFNOR NFT 75-344
Conditions de stockage Dans un endroit frais et sec à l'abri de la lumière et de la chaleur.
Conditions d'utilisation Entre 1 et 25% dans les fonds des parfums.
Très faible dosage en Aromathérapie (huile de massage...)
Propriétés Usages externes : certaines maladies de peau
Usages internes : non utilisé
Usages divers : essence très recherchée en cosmétologie et en parfumerie haut de gamme.
Eloigne les mites, efficace contre l'épuisement mental et physique, l'insomnie, la dépression et l'anxiété.

Conditions de commercialisations

Conditionnement
Prix de vente (distributeurs)
Périodes de disponibilité Juillet / décembre

NE PAS INGÉRER UNE HUILE ESSENTIELLE SANS L'AVIS D'UN AROMATHÉRAPEUTE.

Ces informations sont rédigées au mieux de nos connaissances à la date indiquée sur le document. Les valeurs ont été déterminées immédiatement après fabrication du produit. Des altérations ont pu intervenir au cours d'un transport ou d'un stockage inapproprié